mardi 10 février 2009

Insérer ici les manifestations d'enthousiasme appropriées

Pour ceux qui auraient perdu la foi, je le confirme : I'm not dead. Ou plutôt я не умерла, "comme on dit dans ma langue" (et pour reprendre l'expression ma prof qui n'est de grec que par nécessité quand elle nous parle en latin).
Je n'étais pas dead du tout d'ailleurs, plutôt très active. Là-bas dedans, là-haut, ça s'agite même pas mal de la cellule grise, même si le contenant n'est pas très remué. Entre deux rues à Lyon, puis le train, tunnel de temps et non d'espace en cette nuit d'hiver, puis Grenoble, mais guère le temps de sortir des ornières ordinaires.
Ça donne l'impression de bouillir dans quelque chose qui s'amincit, s'assouplit et s'élime, mais c'est pas grave, on s'en occupera plus tard de cette enveloppe. Pour l'instant, faut que ça chauffe, que ça tourne, vite et bien.

Dernière ligne droite !
Enfin, il va se passer quelque chose pour de vrai...

Pour les vacances : une dissert' de lettres, un exposé de philo à préparer ("Faire une expérience"), une version de russe assortie d'un commentaire, une version de latin, une de grec (vous prendrez bien une petite interro de grammaire pour aller avec ? Y a un peu plus d'adverbes, je vous le laisse ?) et puis des pronostics à faire en histoire sur les sujets qu'on sent tomber, qu'on voudrait surtout pas qu'ils tombent, ceux qu'on aimerait revoir...Toutes les matières à bosser donc. C'est bien, ça empêche l'attention de se détendre. Les jambes et les mains au contact, hein Froddy ! Regarde loin derrière, si tu veux que ça passe, faut y croire, faut te voir derrière. Tout ça c'est pareil au fond...
Le tout baigné dans une ambiance de Céline (dernière oeuvre au progamme en option lettres modernes, ça souffle un peu après Saint Simon, mais quel pied en même temps, ce que ce type arrive à faire avec des mots !), de russe plein la tête puisque je dois en écrire pour l'épreuve de commentaire et que ça commence à venir de mieux en mieux, encore Les Grands Chemins de Giono qui tournent en fond (je le dis comme ça l'air de rien, mais c'est pour le conseiller sans avoir l'air d'y toucher...) avec l'Etrange Histoire de Benjamin Button (dont le hasard a voulu que je lise la nouvelle quelques seulement avant que la sortie du film ne soit annoncée), qui est le film le plus mru que j'ai vu au cinéma depuis longtemps.
Et puis comme chez tout le monde, il y a l'hiver qui s'exaspère, les oiseaux qui se remettent à mettre du bruit dans ce fond blanc de moins en moins uniforme, si on y prête un peu le sixième sens, on s'imagine, on sent, la sève qui remonte les troncs encore gris...Et pas que chez les platanes.

Enfin voilà, je ne suis pas morte.
Au contraire ?

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vendredi 18 juillet 2008

Bon bon bon...

Si on peut plus innocemment ne rien foutre sous prétexte que personne est là pour surveiller...Et puis d'abord c'est même pas vrai d'abord que j'ai rien foutu : je voulais même poster une photo de ma chambre qui aurait fait pousser des cris d'apoplexie (bien sûr qu'on crie quand on apoplexe allons)(je le sais, c'est tout) à ceux qui savent à quoi ressemble normalement ma chambre (c'est-à-dire à rien) mais bon entre temps il y a eu colonisation un peu alors une autre fois....


Mais puisqu'apparemment il faut poster, je vais m'exécuter et avouer ma dernière quicherie (ou the défouloireuh et sa fonction expiatoire...).

J'étais chez mon Papa, on discutait tranquillement de l'abbé Girard et de sa Justesse de la Langue (oui parce que nous sommes très cultivés mon père et moi-anh)* quand soudain il me dit : "Tu veux un objet inutile ?". Alors moi, obligé, je réponds que oui ! Il part dans la cuisine et revient avec un petit cadenas miteux de valise assorti de ses clefs. Le genre que tu peux ouvrir avec une épingle à cheveux cassée ou couper avec des ciseaux de cuisine un peu...Inutile au possible donc, en effet. Ravie, je me saisis de l'objet et commence à faire mumuse avec tandis que l'on continue notre édifiante discussion (qui avait sans doute dévié sur les nouveaux TER ousqu'on-peut-pas-mettre-ses-bagages ou alors sur la pertinence de l'ail en chemise dans la ratatouille).
Mais soudain, j'interromps la conversation : "Papa, je crois que j'ai fait une bêtise..."


*Cela dit si je le cite c'est pas seulement pour faire ma maline : je dis pas que c'est un bouquin qui passionnera tout le monde mais c'est un délice pour les curieux/amoureux de la langue (comme on dit dans les critiques). Le "concept" (comme on dit quand on est Kro) c'est une espèce de "contre-dictionnaire des synonymes" : exposer les nuances qu'il y a entre les mots "qui passent pour synonymes". Un délice d'esprit ! Je vous cite le dernier article pour illustration :


Utilité, profit, avantage
L'utilité naît du service qu'on tire des choses ; le profit naît du gain qu'elles apportent : et l'avantage naît de l'honneur ou de la commodité qu'on trouve dans l'usage qu'on en fait.
Un meuble a son utilité : une terre apporte du profit : une grande maison a son avantage.
L'argent est utile dans le ménage, il y sert : il est profitable dans le commerce ; il y multiplie : et il est avantageux dans les affaires ; il en facilite le succès.
Je souhaite que tout ce que je viens d'écrire soit utile au lecteur ; qu'il fasse le profit du libraire ; et qu'il procure des avantage à l'auteur.

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mardi 26 juin 2007

N'empêche...

...Que Rimbaud, c'est beau. Ouaip. Y'a pas à dire, des fois on comprend l'engouement collectif.
Démonstration :

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme

C'est peut-être tout con (après tout, c'est juste l'histoire d'un gars qui se balade dans les champs les soirs d'été...)y'a rien de compliqué, tout ça, mais tout est là... Et quand vous le lisez, visualisez la tête de Rimbaud qui vous dit ça... là tout de suite, ça prend une autre allure !

Suis aussi tombée amoureuse de Nerval, on n'y comprend rien, c'est magnifique.

Je suis le ténébreux, -, le veuf -, l'inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la tour abolie :
Ma seule
étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le
soleil noir de la Mélancolie

(De quel célèbre poème est extrait cette strophe ?)

Un qui m'a cassé les pieds, c'est Mallarmé. Ah il maîtrise la construction du vers, y'a pas à dire, ça sonne très joliment, c'est fin et ciselé. Mais trop en fait. C'est du "on n'y comprend rien" pour l'élite, et ça m'énerve, comme concept. Je n'aime pas cette poésie qui se réserve aux intellectuels, comme si les autres étaient trop rustres pour y avoir le droit. Je vous en mets une strophe, pour que vous ayez une idée de ce que je veux dire :

A la fenêtre recelant
Le santal vieux qui se dédore
De sa viole étincelante
Jadis avec flûte ou mandore,
...

A ce vitrage d'ostensoir
Que frôle une harpe par l'Ange
Formée avec son vol du soir
Pour la délicate phalange

Le jour où ils seront vraiment salauds à l'ENS, c'est le jour où il vous demanderont de commenter Mallarmé au concours...

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